Partir jouer au hockey en Suède pour mieux revenir

Le début de saison s’annonçait prometteur et les attentes étaient grandes pour la deuxième année du Québécois Jacob Lagacé à Luleå en première ligue suédoise (SHL). Mais après une période creuse à l’automne, la fin de saison réserve peut-être quelques surprises au jeune attaquant qui a quitté la Ligue américaine (AHL) pour la Suède il y a trois ans en espérant s’offrir de meilleures chances d’atteindre la LNH.

« Personnellement, je ne jouais pas mon meilleur hockey [à l’automne] », avoue-t-il. En conséquence, on l’a retiré de l’avantage numérique et l’entraineur a diminué son temps de jeu. « Ç’a influé sur mon jeu et j’éprouvais beaucoup de frustrations, mais j’ai continué à travailler fort et à rester positif. »

S’il connait de meilleurs jours au cours des dernières semaines, Lagacé doit cependant trouver une façon de marquer des buts. Il n’a toujours pas touché le fond du filet cette saison après une trentaine de matchs et sa production offensive se fait attendre.

Il faut dire aussi que les temps sont durs à Luleå actuellement. L’équipe ne produit pas non plus et elle se retrouve en milieu de classement malgré une formation qui, sur papier, devrait les placer dans le sommet du classement en raison des investissements faits l’année dernière par l’un des éditeurs du jeu Minecraft, Jakob Porser, maintenant partenaire financier avec la formation du nord de la Suède.

Chose certaine, Lagacé ne désespère pas. Il souhaite toujours poursuivre sa carrière en Suède et espère avoir plus de chances de se faire valoir d’ici la fin de la saison. C’est tout de même pour cette raison que le Québécois a décidé de tout quitter en Amérique pour venir jouer en Scandinavie.

Se donner une 2e chance

Le hockeyeur de Saint-Hyacinthe, choix de 5e tour des Sabres de Buffalo en 2008, ne s’en cache pas, ses passages dans la AHL et dans la East Coast Ligue de 2009 à 2014 n’ont pas été de tout repos. Ambiance hostile avec les vétérans, première expérience aux États-Unis et peu de chance de monter dans la grande ligue, tous des éléments qui ont miné le moral de l’attaquant québécois à l’époque qui avoue aujourd’hui son « inconscience » face aux solutions qui se présentaient pour lui à Rochester. L’Europe est donc rapidement devenue une belle occasion pour relancer sa carrière.

Le hockey, c’est une question d’opportunités et c’est comme une deuxième chance que j’ai eue en venant en Europe. J’étais en deuxième division avant. J’ai travaillé fort et j’étais dans un bon état d’esprit. Puis, j’ai aussi eu la chance de jouer beaucoup et de développer la confiance dont j’avais besoin. Parce que je pense que j’avais ce qu’il fallait côté habilités lorsque j’étais en Amérique du Nord, mais mentalement, je n’étais peut-être pas prêt. – Jacob Lagacé

En venant en Suède il y a près de trois ans, Lagacé a alors découvert une ambiance bien différente qu’en Amérique. Là-bas, sa montée en première division à sa deuxième année lui a assuré un poste dans la meilleure ligue de Suède, et l’une des meilleures du monde. Il lui a aussi permis d’avoir du temps de jeu régulier. Puis, comme il est rare que les équipes changent drastiquement leur alignement au fil de la saison, en comparaison avec la AHL où les joueurs montent et descendent constamment de la LNH, il a pu se concentrer sur son jeu en espérant pouvoir faire, un jour, un retour en Amérique par la grande porte.

« C’est sur que je crois encore à la Ligue nationale. Ça serait quelque chose d’incroyable. D’un autre côté, je suis dans une meilleure position présentement pour remonter que si je perdais mon temps dans la East Coast… Le niveau de jeu est meilleur [ici], explique Lagacé. Ça serait compliqué pour moi par contre parce que j’aurais beaucoup à perdre d’accepter un contrat à 2 volets [dans la LNH]. Si je pouvais rester quelques années en Suède, ça ferait mon bonheur, à Luleå ou ailleurs. »

À Luleå, comme à la maison

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Jacob Lagacé dans son quartier de Lulea lors de notre passage en septembre dernier.

Malgré la barrière de la langue, qu’il tente de surmonter avec des cours de suédois, le jeune attaquant se sent bien intégré à la communauté. Cependant, dans cette petite ville du nord de la Suède où réside à peine 45 000 âmes, Lagacé a surtout retrouvé une ambiance de hockey et une vie comme il avait à Chicoutimi lors de son passage junior au Saguenay. « C’est une petite ville ici, les gens sont passionnés. Quand tu sors quelque part, les gens te reconnaissent », décrit-il.

Pour faciliter son intégration, le club lui fournit même un appartement et une voiture afin qu’il se concentre uniquement sur ses performances sur la glace. C’est aussi le cas des autres joueurs de l’extérieur avec qui il passe généralement plus de temps en raison de la langue.

Bien que la ville ne soit pas le premier critère pour assurer son retour à Luleå, peut-être que l’intégration dans la communauté aura, au final, un poids dans la balance alors que Jacob Lagacé est à regarder ses options pour l’année prochaine puisque son contrat prendra fin au terme de la présente saison.