Luleå ou l’art de vivre au rythme du hockey

Il s’agit peut-être d’une petite ville d’à peine 45 000 habitants, mais la municipalité de Luleå dans le nord de la Suède n’a rien à envier aux grandes villes de hockey, surtout pas pour la passion de ses partisans qui n’hésitent pas à démontrer leur amour pour leur équipe par des chants, des cris, des drapeaux et des feux à main. Immersion dans la journée type des fans de Luleå lors du premier match de la saison.

Déjà quelques heures avant le match, les partisans se sont rassemblés dans un bar du centre de la ville comme ils le font avant chaque match pour prendre quelques consommations. L’ambiance est festive et l’endroit est plein à craquer. Au micro du bar All-Star, le directeur général de l’équipe, Lars Bergström, s’adresse aux partisans les plus fidèles, signe indéniable qu’ici les choses sont différentes et que les partisans prennent une place importante même dans la gestion de l’équipe.

« Si vous venez ici, vous devez comprendre que vous devez jouer et que vous devez savoir vous tenir. Car, ici, tout le monde vous connaît. Luleå [HC] est l’une des marques les plus connues de Suède et, pour la ville, c’est très important », explique M. Bergström qui est avec la formation dans divers postes depuis les années 80.

Cependant, le premier match de la saison est une occasion spéciale et, pour l’occasion, une grande marche amènera les partisans jusqu’à l’aréna. La petite ville du nord est alors complètement paralysée. Aujourd’hui, rien d’autre ne se déroule et toute l’attention est tournée vers l’affrontement entre Luleå et Linköping. Les rues sont vides, tous se dirigent vers le parc central pour la marche. Nous sommes alors à environ 1 h 30 du début de la partie.

Si la marche n’est que de 2 ou 3 kilomètres, elle prend tout de même une réelle envergure en raison des feux à main, des feux d’artifice et des pétards que les partisans les plus intenses ont amenés pour l’occasion. À travers cette cacophonie qui les mènera jusqu’à l’aréna, des centaines de personnes suivent la marche. Du nombre, des habitués, des familles et des curieux se rangent derrière la série de partisans cagoulés à l’avant.

Même passion à l’intérieur qu’à l’extérieur

L’énergie acquise pendant les quelques heures d’avant-match ne s’estompe pas une fois à l’intérieur, bien au contraire. Rapidement, les partisans les plus attachés au club ont rejoint la section des ultras derrière le but, une section où il n’y a aucune place assise.

Cependant, cela n’est pas nécessaire. Tous sont déjà debout à chanter et sauter pour le début du match et ils continueront jusqu’à la fin de la partie. Cette danse particulière est d’autant plus impressionnante qu’elle rassemble des gens de tous les horizons, que ce soit de jeunes hommes aux couleurs de l’équipe, un couple de personnes âgées ou encore à une famille qui détient des billets de saison depuis des années, tous se rassemblent derrière l’équipe de Luleå.

« Le hockey, c’est ce qui fait tenir cette ville ensemble », présente Jaska, un père de famille et partisan de la formation du nord suédois depuis les années 70. Il n’est d’ailleurs pas le seul à penser cela. Christer, un autre partisan sur place, explique que les gens sont très passionnés et que la ville adore le hockey.

Il ne faut donc pas se surprendre si les partisans considèrent qu’ils sont parfois responsables de la défaite de leur équipe. Certains d’entre eux croient même que s’ils ne chantent pas assez et qu’ils se découragent, il est alors normal que les joueurs sur la glace se découragent aussi.

Puis, selon le directeur général de l’équipe, cette intensité et cette relation particulière entre le club et les partisans deviennent quelques-unes des cartes les plus importantes pour amener de bons joueurs à Luleå. Cependant, cela peut aussi devenir rapidement l’un des plus grands défis pour ces joueurs puisque lorsque l’équipe perd, c’est toute la ville qui perd aussi. Et, dans ce petit coin de pays, il n’y a nulle part pour se cacher après une défaite, tout le monde connait les joueurs.

Heureusement pour eux ce jour-là, l’équipe locale l’a emporté 4-0.